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dimanche 27 avril 2008
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Intégrer le Développement Durable dans les sports de nature : des connaissances aux outils !

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Dans une première partie, nous présenterons des éléments de compréhension sur la définition des défis du 21e siècle, les approches du développement durable qui sont des pré-requis pour élaborer une démarche de développement durable. Dans une deuxième partie, nous proposerons des outils opérationnels, méthodologiques à l’attention des donneurs d’ordre et des éducateurs sportifs.


Communication « Colloque Les sports de nature : quelle gestion pour un développement durable des territoires ? », mercredi 30
Janvier 2008/ Master 2 professionnel "Ingénierie Ecologique et Gestion de la Biodiversité", de l’Université des Sciences et Techniques de Montpelier II

Intervention de Nathalie Durand, fondatrice et directrice générale de l’Observatoire Sport et développement durable (OSDD), Email : nathalie.durand@osd.fr ; site web : www.sport-durable.com

Intégrer le Développement Durable dans les sports de nature : des connaissances aux outils !

Du point de vue du développement durable, les sports de nature sont, à la fois, une activité humaine classique et un formidable instrument éducatif. Acteur de l’aménagement et du développement territorial, les sports de nature ont des impacts à la fois environnementaux, sociaux et économiques. A titre d’exemple, une pratique sportive de nature, ce sont des sportifs qui utilisent le milieu naturel avec des engins motorisés ou non (environnement), qui partagent le territoire avec d’autres activités humaines (risques de conflits par exemple avec les pêcheurs,..), qui consomment (articles de sport, alimentation, etc.) qui produisent des déchets, qui viennent s’entraîner en utilisant des moyens de transport (émission de CO2), qui consomment de l’espace (habitat naturel converti en habitat artificiel), etc.
Mais le sport grâce à ses valeurs humanistes (respect, solidarité, fair-play, fraternité, etc.) est un fabuleux outil pour porter et transmettre les valeurs du développement durable.
Dans une première partie, nous présenterons des éléments de compréhension sur la définition des défis du 21e siècle, les approches du développement durable qui sont des pré-requis pour élaborer une démarche de développement durable. Dans une deuxième partie, nous proposerons des outils opérationnels, méthodologiques à l’attention des donneurs d’ordre et des éducateurs sportifs.

1. Le sport et le développement durable
1.1 Définition
D’après le rapport Brundtland, du nom de l’ancienne premier ministre de Norvège, ancienne directrice de l’Organisation Mondiale de la Santé, le développement durable ou soutenable est « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs » . Cette notion a mis en lumière la nécessité pour le développement de prendre en compte l’environnement afin de conserver et améliorer la qualité de la vie humaine et de maintenir l’homme au cœur de ce développement. Le concept de « développement durable » repose en fait sur 3 piliers : la préservation de l’environnement, l’équité sociale, l’efficience économique. Ceci induit donc un impératif de transversalité, une prise en compte de ces trois éléments et pas seulement du critère « environnement » dont il est le plus souvent fait mention. Ce mode de développement est « destiné à remplacer l’exploitation destructive des ressources naturelles et humaines qui résulte des excès de la société industrielle ».

1.2 Le développement durable est un compromis
La notion de développement durable est le résultat d’un compromis entre acteurs hétérogènes (environnementaux, sociaux et économiques), entre modèles de développements divergents (croissance durable, économie écologique, conception tripolaire, conception hiérarchisée ), entre scientifiques aux théories divergentes (incidences de l’activité humaine sur notre globe) pour décider ensemble de la qualité de vie, du bien-être de chacun.

1.3 Une articulation bidimensionnelle horizontale et verticale
S’intéresser aux sports de nature et au développement durable nous amène à nous interroger sur leur développement. La démarche consiste à contextualiser et à globaliser, c’est-à-dire à appréhender nos actes sportifs dans un contexte local (par exemple : pratiquer du kayak dans un milieu fragile la rivière) et relier ce contexte à des défis globaux (la diminution de la biodiversité). Mais la notion de développement durable est bien plus large que la dimension environnementale. Nous devons prendre en compte les interactions et interdépendances à la fois sociales, environnementales et économiques et les échelles du local au global. Pratiquer du kayak ne se réduit pas à un geste sportif. Il s’insère dans un système. Par exemple, pour pratiquer du kayak, nous devons acheter ou louer un kayak (Avec quelles matières premières a-t-il été produit ? Est-ce des ressources renouvelables ? Quelles étaient les conditions de travail des employés qui l’ont conçu ?,…), nous devons boire et nous nourrir (quelle empreinte écologique entrainons-nous ?), nous utilisons le milieu naturel (quelle incidence à notre pratique sur la biodiversité ?,…). Notre pratique sportive a donc des impacts positifs ou négatifs sur les dimensions sociales, environnementales et économiques de l’échelle locale à l’échelle globale. Dans la théorie du chaos, ce phénomène est connu sous le nom de « battements d’ailes » à cause de l’affirmation à moitié sérieuse selon laquelle le battement d’ailes d’un papillon à Beijing aujourd’hui peut provoquer une tempête à New York le mois prochain. Cet exemple peut servir de mémo technique pour prendre conscience que toute action aussi insignifiante a des répercussions à la fois locale et planétaire.

Prenons l’exemple du kayakiste
A l’échelle locale :
• Le sportif et sa santé : cette pratique améliore-t-elle sa santé ? L’air est il pur ? L’eau est elle propre ? A-t-il un bon équilibre alimentaire qui lui permettra de répondre à son effort physique ?
• Le sportif et son bien-être : a-t-il une bonne perception de son corps et de ses mouvements ? Est-il réceptif à son environnement (chant des oiseaux, patrimoine, …) ?
• Le sportif et le coût économique : est-ce que le coût de la pratique est accessible au plus grand nombre ?
A l’échelle intermédiaire :
• le sportif et son alimentation : son alimentation provient-elle de la production locale ? Est-ce des produits naturels, éco labellisés ?
• le sportif et le partage de l’espace avec d’autres utilisateurs : occasionne-t-il des gênes pour les autre usagers ?
• Le sportif et ses déplacements : quel moyen de transport a-t-il utilisé ?
• Le sportif et l’achat de son matériel sportif : a-t-il acheté localement ?
• Le sportif et la gestion des déchets : que fait-il de ces articles de sport en fin de vie (réparation, réutilisation, recyclage) ?
A l’échelle globale :
• le sportif contribue à l’augmentation ou à la diminution :
o des gaz à effet de serre,
o de la biodiversité,
o de la répartition de la richesse à l’échelle planétaire,
o des modes de production et de consommation plus vivables, plus viables, plus équitables.

Intégrer une démarche de développement durable dans les sports de nature nécessite des connaissances sur le mode de raisonnement à adopter (mode de questionnement systémique) et sur les défis du 21e siècle (relier le contexte local aux défis du 21e siècle)

2 Les connaissances :
Intégrer une démarche de développement durable dans les sports de nature n’est pas naturel. En d’autres termes, nous ne faisons pas du développement durable comme M. Jourdain faisait de la prose. Il faut relier des connaissances sportives particulières à un savoir global (environnemental, social et économique).
Cette connaissance globale doit s’appuyer sur les défis du 21e siècle. L’enseignant, l’éducateur sportif doit veiller à relier ces défis sportifs au contexte sportif.

2.1 Quelques exemples des défis sportifs du 21ème siècle :
• La dégradation de ces écosystèmes :
D’après le rapport d’évaluation des écosystèmes pour le millénaire (EEM) , deux tiers des écosystèmes dont dépend la vie humaine sont en voie de disparition à court ou à long terme. La dégradation de ces écosystèmes ne constitue pas seulement une menace pour la qualité de la vie, elle affectera aussi, sérieusement, les activités sportives (interdiction de pratiquer sur certains sites, espaces et itinéraires). Elle accroîtra en outre les risques et les coûts des activités économiques en rendant plus difficiles l’accès à certaines ressources essentielles comme l’eau et à certains services rendus par les écosystèmes comme la régulation climatique. Entre les besoins sportifs et les besoins essentiels (alimentation, boisson), quel choix sportif ferons-nous ? Lors du rallye australien en 2007, alors que le pays connaissait la sécheresse, les agriculteurs ont été interdits d’utiliser de l’eau alors qu’à la même période les organisateurs de ce grand prix ont obtenu l’autorisation d’humidifier les bas-côtés. Le sport sera-t-il au centre des conflits du 21e siècle ?

• le changement climatique :
Selon Sir Nicholas Stern , si nous n’agissons pas, les coûts du réchauffement climatique,
« seront équivalents à une perte d’au moins 5 % du PIB mondial chaque année, aujourd’hui et pour toujours. Si l’on prend en compte un éventail plus vaste de risques et de conséquences, les estimations des dommages pourraient s’élever à 20 % du PIB ou plus. Par contre, les coûts de l’action, à savoir réduire les émissions de gaz à effet de serre pour éviter les pires conséquences du changement climatique, peuvent se limiter à environ 1 % du PIB mondial chaque année ».
Le changement climatique a un impact direct sur la pratique sportive. « Un certain jour de novembre, il est tombé tellement de neige à la station de Beaver Creek, dans le Colorado, qu’il a fallu reporter l’entraînement de la descente hommes comptant pour la Coupe du monde. Le lendemain, à l’autre bout de la Terre, à la station française de Val-d’Isère, une autre descente de la Coupe du monde était annulée parce qu’il n’y avait pas assez de neige et parce que la météo annonçait la poursuite de températures clémentes. Au total, sept épreuves de la Coupe du monde ont été annulées en Europe pour la même raison ».

• Des migrations incontrôlables
1 milliard de réfugiés sont à prévoir à l’horizon 2050 (645 millions de personnes devraient migrer à cause de grands projets - barrages ; 250 millions à cause de calamités liés aux changements climatiques, tels les inondations, la sécheresse ou la famine ; 50 millions à cause de conflits et d’atteintes aux droits de l’homme). D’ores et déjà, en Afrique subsaharienne, la modification de l’environnement et les conditions climatiques ont entraîné des délocalisations, la disparition d’une partie des activités, la paupérisation des salariés en l’absence de système de protection sociale . De plus, si des ressources s’amenuisent ou s’épuisent, les populations locales les garderont pour eux et l’entreprise ne sera plus approvisionnée. Ces malheurs augmentent les risques de migrations incontrôlables intra et inter pays, et le développement d’une urbanisation sauvage. En France, l’urbanisation étant très importante, une augmentation de la population nécessiterait plus de logement, plus de nourriture ce qui entraînerait un arbitrage politique sur la création voire la réhabilitation ou non d’équipement sportif même s’ils participent au bien-être de chacun.

• La mesure de l’empreinte écologique
L’empreinte écologique représente la surface nécessaire pour produire les principales ressources consommées et pour absorber les déchets d’une population (individuel, ville, pays ou humanité entière). Chaque individu dispose en moyenne de 1,9 ha (la surface de la planète continentale est de 11,4 Milliards d’Ha), les européens de l’Ouest utilisent 5 ha par habitant, les nord-américains 10ha/hbt, les africains et asiatiques 1 à 2 ha/hbt, le français moyen 5,3 ha et 6ha pour le parisien . Pour rappel : 1 ha = 100 * 100 mètres.
En un siècle (début XX-début XXI), du fait de la croissance démographique mondiale, et de l’industrialisation, les sols écologiquement productifs par personne sont passés de 8,8 à 2,2 hectares . Le rapport Brundland préconise une croissance mondiale de 4,5% pour que les pays émergents aient une qualité de vie acceptable (santé, éducation, infrastructures,…) identique à celle des pays industriels. Quelle source d’approvisionnement en ressources naturelles pour les besoins des entreprises de demain, sachant que, selon Mathis Wackernagel et William Rees, pour y répondre, il nous faudrait 5 à 10 planètes comme la nôtre ?
A titre d’exemple, l’empreinte écologique de l’alimentation de l’activité sportive d’un cycliste . Le cycliste a besoin de 900 kJ de plus qu’un sédentaire pour parcourir ses 10 km quotidiens. Supposons qu’il trouve ce supplément d’énergie dans ces céréales du petit déjeuner. Ces céréales ont besoin du sol pour pousser et d’énergie pour se transformer. Le cycliste a besoin d’une surface cultivable de 60m2 pour faire pousser ces céréales et l’équivalent de 60 m2 pour transformer la nourriture en céréale.
L’empreinte écologique de l’alimentation de l’activité sportive d’un cycliste est de 120m2 à laquelle il faudrait ajouter les accessoires : casques, démonte-pneu, une chambre à air, une pompe, une sacoche, des vêtements, l’entretien du vélo, les soins corporels du cycliste, les moyens de transport utilisés,…

• Des inégalités de la production écologique :
Les acteurs qui prélèvent les ressources naturelles (Hong Kong, Suisse, Japon,…) le font dans des pays lointains (par exemple prélever de la bauxite pour faire de l’aluminium), ignorant le tort qu’ils font à des populations (émanation, épidémiologie, ..) . Face à des dangers écologiques considérés comme imminents, une entreprise pourrait donc se voir interdire l’utilisation abusive de certaines matières premières ou procédés industriels. Et même sans interdiction réglementaire, la persistance de certains usages industriels nocifs pourrait susciter la réprobation d’une partie de l’opinion publique. La production et la fabrication des articles de sports seraient menacées au même titre que les autres biens de consommation.

• Les écarts entre le Nord et le Sud :
Des milliards d’agriculteurs du Sud doivent affronter le marché international. Or, la productivité des agriculteurs du Nord est 200 fois supérieure à celle des agriculteurs du Sud. Ces derniers sont ainsi condamnés à la pauvreté et à une émigration massive, si nous ne faisons rien . En outre, la famine n’est pas seulement la conséquence d’une production insuffisante de biens alimentaires par manque de développement agricole ; elle résulte aussi du contexte social et politique qui permet à des individus d’avoir ou non de la nourriture et des soins . D’où le débat sur les subventions agricoles dans les pays développés. De plus en plus d’éducateurs sportifs ont une saison dans les pays développés et une saison dans les pays émergents. Certaines pratiques sportives sont prédatrices et dévastatrices. Les éducateurs sportifs viennent avec leurs clients, se nourrissent avec de l’alimentation étrangère, se déplacent avec des 4*4 et n’apportent pas de plus-value aux populations locales (transfert de savoir-faire, emploi et économie durable). Nous pouvons craindre de plus en plus de violence de ces populations à l’égard d’un tourisme sportif prédateur et destructeur.

• Des discriminations et une exclusion sociale :
3,2 millions de personnes en France sont mal logées et 6 millions de personnes vivent en situation de réelle fragilité à court ou moyen terme . Cette population est exclue de ses droits fondamentaux : reconnaissance sociale, droit au logement,... De plus de nombreux sans – abris sont atteints de maladie comme la tuberculose, en recrudescence en France. Cette menace de paupérisation conduit des familles françaises sportives à être exclues du champ sportif.

• Le chômage :
Le chômage , au-delà du manque de revenus et des affects psychologiques - perte de la motivation professionnelle, des compétences et de l’estime de soi- s’il devient massif, s’attaque à la stabilité de la société, et à sa solvabilité et implique pour le monde sportif un risque de dégradation de son économie.

• La répartition de la richesse :
Le rapport du PNUD indique que pour traiter les maux les plus inacceptables de l’humanité (famine, manque d’accès à l’eau potable, absence de soins de base, lutte contre les épidémies curables), il suffirait de 50 milliards de dollars dans la fourchette basse ; or les dépenses annuelles de publicité sont de 250 milliards de dollars, La guerre en Irak a couté jusqu’à présent 3000 milliards de dollars. Le coût des Jeux d’Athènes a été estimé à 13 milliards d’euros.

• des modes de consommation et de productions irresponsables :
Entre 1990 et 1999, la capacité d’accueil touristique (résidences secondaires, hôtels et campings) a augmenté plus de deux fois plus vite dans les communes littorales que dans l’ensemble des communes françaises (7% contre 3%). Il s’ensuit une augmentation des eaux usées à traiter, un besoin accru d’eau potable, une baisse de qualité des eaux de baignade, donc, pour le futur, une menace sur le tourisme si nous n’agissons pas car les systèmes d’épuration n’ont pas forcément suivis. Les aménagements sportifs et touristiques de typa Marinas continuent de se développer (augmentation du nombre de pontons, de places disponibles).

• La dégradation de la qualité de l’eau :
On estime qu’en 1995, l’industrie mondiale utilisait 725 km3 d’eau par an et qu’en 2025, ce chiffre devrait atteindre environ1 170 km3. On sait que l’industrie constitue une menace chronique pour l’environnement en raison des rejets constants d’effluents dans les eaux de surface ou souterraines, et que le risque peut s’aggraver lorsqu’une défaillance accidentelle engendre une pollution intense pendant une courte période. De nombreux pays ont adopté des solutions : le principe du pollueur-payeur et des principes de précaution mais sans pour autant les appliquer. De plus, des technologies peu efficaces ne permettent pas de garantir la qualité de l’eau. Ces différents facteurs qui constituent autant d’obstacles à une gestion efficace des ressources en eau dans les entreprises engendreront une augmentation constante du coût de l’eau si nous ne faisons rien (limitation et traitement). La légitimité des usages de l’eau, à des fins sportives , comme les porcheries en Bretagne deviennent dès lors un sujet de réflexion et de débat.

• Des catastrophes annonciatrices :
Les années 60, marquèrent le début des grandes catastrophes industrielles comme le naufrage du Torrey Canyon en 1967, l’accident du pétrolier l’Amoco Cadiz en 1978,… A cela, se sont ajoutés des accidents nucléaires et chimiques, Three Miles Island, Tchernobyl, Bhôpal, la découverte « d’un trou » dans la couche d’ozone au–dessus de l’Antarctique, les changements climatiques, les problématiques liées à la qualité des aliments, accidents et changements dont on peut se dire, a posteriori, qu’ils auraient dû être évités mais au prix d’une augmentation des contraintes réglementaires. Les canons à neige avec leurs incidences environnementales participeront-ils à ce désastre écologique ? Quelles réglementations environnementales sont mis en œuvre au niveau international sachant qu’une station de ski a été crée à Dubaï en plein désert et utilise des canons à neige fournissant toutes les nuits 30 tonnes de neige ?

Les défis sportifs du 21e siècle sont nombreux. La connaissance et la compréhension de ces problèmes permettront à chacun pratiquant, enseignant, décideur, technicien,… d’apporter des solutions voire de les anticiper. Mais pour se faire, la notion de développement durable nous apporte un éclairage sur un autre mode de raisonnement.

2.2 Le développement durable est une architecture mentale tridimensionnelle
On peut appréhender la notion de développement durable à l’aide de différentes architectures mentales basées sur ses 3 axes principaux : l’environnement, le social, et l’économie (MATE, 1999).

Nous vous proposons deux approches :
La juxtaposition à la fois des dimensions environnementales, sociales et économiques. Par exemple, le développement économique doit intégrer l’Homme et ses ressources.

Ce schéma a été adopté en France par le Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement. Ce schéma a fait largement consensus car aucune priorité que ce soit social, environnemental, économique n’est imposée. L’objectif est de justifier d’une politique globale portant sur ces trois aspects. Ce consensus qui réunit aussi bien les industriels (Aventis, Total, Mc Donald’s, etc...), que le monde associatif et de la recherche s’appuie sur les deux principes suivants :
-  La création d’un nouveau marché de l’environnement : à toute dégradation écologique, il y a une réponse technologique.
-  Le changement structurel de l’économie : le développement d’une société de services (immatériels et donc inépuisables et sans conséquence sur l’écosystème) permettrait de réduire l’impact sur l’environnement.
Ces deux arguments relèvent d’une approche technico-économique, elle ne remet pas en cause notre façon de vivre, de fonctionner en société...

Une deuxième approche que nous qualifierons d’intégrations des dimensions à la fois environnementales, sociales et économiques.

Cette approche est décrite de la manière suivante .
-  si les activités économiques n’ont de sens que par rapport aux hommes, c’est dans la sphère des relations humaines et non en elles-mêmes qu’elles trouvent leur finalité : le bien être – social ne se réduit pas une simple accumulation de biens et de services.
-  La reproduction de chacune de ces sphères passe par celle des deux autres : l’économique et l’humain ne saurait subsister dans le temps sans la nature qui les supporte, et cette dernière ne serait plus la même si l’homme qui ne lui est pas extérieur mais couronne l’aboutissement de sa longue évolution venait à disparaître ;
-  Et si, par définition, tous les ensembles d’un élément inclus appartiennent à l’ensemble plus large qui les englobe, tous les éléments de ce dernier n’appartiennent pas au précédent : en d’autre terme, les éléments de la sphère économique appartiennent à la biosphère et dépendent de ces lois, mais tous les éléments de la biosphère n’appartiennent pas à l’économique et ne se plient pas à ces régulations.
Ce système remet en cause la croyance en une croissance continue et supposée éternelle. La nature n’a pas qu’une valeur d’utilisation. L’homme fait parti intégrante de la toile de vie .
Cette deuxième approche nécessite un changement de comportement, elle suppose une production beaucoup plus maîtrisée. La pratique des sports de pleine nature utilise des moyens technologiques de plus en plus sophistiquées. Ne peut-on pas faire en sorte que ces matériaux soient respectueux de l’environnement ? Ne peut-on pas ramener les consommateurs à des activités physiques et sportives qui utilisent des éléments de la nature ?
2.3 La finalité recherchée pour un sport de nature intégrant le développement durable :

La notion de développement durable est un outil pour nous interroger et accompagner l’évolution du développement sportif. Ces finalités peuvent s’exprimer de la manière suivante :
• S’interroger sur le mode de développement sportif,
• Faire des choix qui contribuent à une société viable, vivable et équitable,
• Développer l’esprit critique,
• Connaître la diversité des points de vue pour avoir une connaissance plus large de l’étendue du problème,
• Développer l’aptitude de l’esprit à contextualiser et à globaliser pour organiser les connaissances.
• Appréhender la complexité des chaînes causales pour comprendre leurs impacts,
• Apprentissage de la concertation, de la co-construction d’une décision.

2.4 Le développement durable est avant tout un changement de raisonnement :
La notion de développement durable remet en cause nos propres schémas mentaux c’est-à-dire « nos représentations, nos schémas ou même nos images profondément inscrits dans nos esprits et qui façonnent notre compréhension du monde et nos actes ».
Nous ne partons plus du postulat que tout est déterminé, que la science est vérité mais que notre environnement est complexe, éphémère, instable, imprévisible et inextricablement enchevêtré. Ainsi, nous entrons dans une pensée systémique qui suppose de s’intéresser aux interrelations et interactions. L’apprenant prend conscience qu’il y a plusieurs réponses possibles, mais aussi plusieurs manières de voir les choses. Comme l’énonce Louis Pasteur :
« La science avance au gré des réponses provisoires à une série de questions de plus en plus subtiles se rapprochant peu à peu de l’essence profonde des phénomènes naturels ».

Aborder la notion de développement durable nous conduit à prendre en compte des notions comme processus, incertain, relativité, paradoxal, interdépendance, interactions, complexité, relativité. Ce raisonnement est un apprentissage à la fois dans sa démarche et dans les modalités de la construction des connaissances.

3 Les solutions aux défis sportifs du 21e siècle :

La notion de développement est un fabuleux outil stratégique pour développer des sports de nature viable, vivable et équitable. Comment ?
-  par un mode de « questionnement »
-  par des outils opérationnels

3.1 Des questions à se poser ? A titre d’exemple
La notion de développement durable implique de s’interroger sur les relations de la pratique sportive avec les dimensions à la fois environnementales, sociales et économiques. Nous vous proposons les questions suivantes pour illustrer notre propos.

Etat/situation Je sais/je ne sais pas Un responsable sait/aucun responsable ne sait Qui vérifie ?
Connaissez-vous l’empreinte écologique de votre pratique sportive ?
Connaissez-vous les conditions de travail des personnes qui vous fournissent vos articles de sport, qui vous encadre ?
Les pratiquants sportifs sont-ils informés de la qualité de l’air ?
Quelles mesures prenez-vous pour diminuer les risques encourus par les pratiquants sportifs ?

3.2 Des outils opérationnels :

Pour les décideurs :

• Embaucher des personnes en insertion,
• Développer des systèmes locaux sportifs (réparation, réutilisation, recyclage de vélos),
• Diminuer l’impact du nombre de pratiquants sportifs et spectateurs sur les espaces naturels (site et itinéraire, rural-forestier, aquatique, aérien, sur circuit, sur terrain, en salle),
• Inclure à la fois des clauses sociales, environnementales et économiques dans les cahiers des charges pour les subventions des clubs, des manifestations sportives,
• proposer des plans de déplacement (adhésion licence + ticket transport en commun, organiser du covoiturage,…).
• Diminuer l’impact des activités sportives sur l’air, la qualité et la consommation de l’eau, la consommation d’énergie, le tri des déchets,
• Louer des articles de sport,
• Diminuer la consommation d’espace et infrastructure sportive,
• Gérer les déchets (ramassage, recyclage, réutilisation, réparation

Pour les pratiquants,
• Privilégier des transports en commun, covoiturage, pédibus, ou vélobus,
• Acheter des articles de sports minimisant l’impact environnemental et social (vêtements, ballons, chaussures, etc.),
• Donner vos équipements sportifs plutôt que de les jeter,
• Acheter des aliments et des boissons issues de l’agriculture biologique et du commerce équitable, ainsi que des produits du terroir.

Pour les enseignants sportifs :

• L’enseignement sportif, nécessite des aménagements afin de s’adapter aux besoins actuels et futurs de sensibilisation aux impacts, et d’incitation à des pratiques durables des sports de nature :
o Pour les formateurs : une formation spéciale. La formation initiale d’il y a quelques années n’était pas particulièrement axée sur l’idée de développement durable.
o Pour les responsables de l’encadrement sportif, par une sensibilisation aux défis du 21e siècle.
o Pour les pratiquants en leur apprenant par exemple à calculer leur empreinte écologique c’est-à-dire la surface nécessaire pour produire ses principales ressources et pour stocker ses déchets .

• La mise en situation est un bon outil pour un développement durable des sports de nature.
Il faut proposer une activité sportive de nature incluant à la fois les dimensions environnementales, économiques, et sociales. Par exemple pour les modalités environnementales, on peut mettre en place le tri des déchets, prévoir sur le circuit une animation où on simule à vélo le transport des déchets recyclables vers les poubelles ad hoc.
Pour les modalités sociales, dans le rapport aux autres, on peut prévoir une animation pour saluer des usagers sportifs et non sportifs. Enfin, concernant les modalités économiques un circuit vélo dans une épicerie de commerce équitable peut être mis en place.

Des dispositifs financiers :
Il existe également des dispositifs financiers pour aider à la création et à l’accompagnement de projets, comme par exemple :
• certaines banques (exemple livret écho mer),
• l’ADEME,
• l’Agence de l’eau,
• les Contrats Plan Etat Région,
• les fondations (sport,…),
• les aides financières européennes (life +),
• le CNDS,
• les collectivités territoriales,
• …

3.3 Plan d’actions :
Un projet sport et développement durable doit prendre en compte à la fois les différents défis environnementaux, sociaux, et économiques ainsi que des critères fondamentaux tels que l’éthique, le long terme, la transversalité, les interactions, les indicateurs monétaires, et l’intérêt éducatif.

L’intégration du développement durable dans les sports de nature nécessaire un management qui peut par exemple s’appuyer sur le tableau de bord prospectif .
Il propose 5 étapes
• Définir la mission de l’organisation, la vision de la direction (qui sommes-nous ? que voulons-nous faire ? que pouvons-nous faire ?),
• élaborer des choix stratégiques (quelle voie emprunter ?),
• élaborer une déclinaison des choix (comment faire ?),
• élaborer une mise en ouvre précise (comment s’assurer de la réalisation ?),
• élaborer un contrôle (comment suivre et mesurer ?)
• Puis proposer un modèle d’amélioration continue permanente comme le stipule la roue de Demings

Enfin l’évaluation fréquente de son projet est indispensable. Elle permettra d’améliorer l’action, d’inciter à la reproduire, et de communiquer sur le sujet.

4 L’Observatoire Sport et Développement Durable (OSDD), association loi 1901

Que vous soyez donneur d’ordre, éducateur sportif, pratiquant, l’OSDD peut vous accompagner pour intégrer le développement durable dans le sport à la fois en terme de contenu pédagogique, dans le fonctionnement de votre organisation, dans votre pratique sportive. L’OSDD a pour but de fédérer, informer, former, animer et concevoir des outils opérationnels sur la thématique du sport et du développement durable.

Ses actions :
• Une banque de données www.sport-durable.com
• Conception et diffusion en format pdf de la première édition de son ouvrage sur le nautisme et le développement durable : « Environnement, solidarité, emploi : le nautisme au 21e siècle ». A télécharger gratuitement au lien suivant : http://demandeguide.nautisme21.osdd.fr/
• A la suite des travaux du « Grenelle Environnement », les Ministres Jean-Louis Borloo, Michel Barnier, Xavier Darcos, Valérie Pécresse et Roselyne Bachelot ont décidé de mettre en place un groupe de travail sur l’éducation au développement durable. L’OSDD a proposé au Groupe de Travail de l’Education au Développement Durable (GTEDD), un programme d’actions pour intégrer l’Education au Développement Durable (EDD) dans l’Educations Physique et Sportive (EPS), www.sport-durable.com
• Formation CNFPT, sport et développement durable (mai 2008, Toulouse)

Ses projets 2008 :
• Edition :
o publication sur papier "vert" de notre première édition de l’ouvrage sur le nautisme et DD,
o deuxième édition sur le guide du nautisme et du développement durable,
o première édition du guide montagne et développement durable,
o première édition du guide entreprise sportive et développement durable (auditer la relation client/distributeur/fournisseur par l’analyse environnementale, sociale et économique),
o première édition du guide manifestations sportives et développement durable,
o première édition de l’intégration du développement durable dans les actions sportives des collectivités territoriales,
o première édition du guide des financements des actions sportives intégrant le développement durable.
• Promotion des actions de sport et le développement durable en organisant un appel pour les retours d’expérience afin de faire connaître et valoriser les expériences actuelles.
• Formation sur la thématique du sport et développement durable,
• Organisation de petit-déjeuner sport et développement durable.

L’OSDD a, d’ailleurs, édité récemment, l’ouvrage : « Environnement, solidarité, emploi : le nautisme au XXIe siècle !" qui rassemble des expériences sur le nautisme et le développement durable .Vous pouvez d’ailleurs télécharger gratuitement ce guide de 26 contributions et 170 pages à l’adresse suivante : http://demandeguide.nautisme21.osdd.fr/

Ses missions :

• Fédérer les acteurs,
• Mutualiser les connaissances,
• Inciter les organisations sportives à agir,
• Participer à des actions de sensibilisation et de formation,
• Accompagner des projets (manifestations sportives, fonctionnement d’un club, collectivités territoriales, entreprises…),
• Intégrer le développement durable dans chaque organisation sportive (clubs, fédérations, ministères, entreprises, villes,…).

En conclusion, l’alliance du sport et du développement durable est un formidable outil pour fédérer les énergies, pour l’avenir de notre planète et de ses habitants, pour un esprit sain dans un corps sain sur une planète saine.

Bibliographie :
- Commission mondiale sur l’environnement et le développement - CMED- (1989), Notre avenir à tous, Montréal, Québec, Edition du Fleuve.
— Villeneuve C., 1999, révisé 2004, Comment réaliser une analyse de Développement Durable ?, Département des sciences fondamentales, Université du Québec à Chicoutimi.
- Gendron C., Réveret JP, (2000), le développement durable, Economies et sociétés, Série F, n°37, pp111-124
- Par exemple Jancovici J. M., (2006), « Qu’est-ce que le GIEC » in http://www.manicore.com/documentation/serre/GIEC.html
- M.A., (2005), ecosystem and human well-being, opportunities and challenges for business and industry, Washington, DC, World Ressource Institute, pp.2-3.
- Nicolas Stern, The Stern review, The Economics of Climate Change, janvier 2006
- Alexander Wolff pour Sports Illustrated (Afrique du Sud), traduit par Courier international, Le 12-04-2007
- Christian Aid, (2007), “Marée humaine : la véritable crise migratoire”, rapport publié par une ONG britannique in http://www.christian-aid.org.uk
- Amartya Sen, (2000), Un nouveau modèle économique : Développement, justice, liberté, Edition Odile Jacob.
- Global footprint Network
- Etude WWF France- 2002
- Mathis Wackernagel et William Rees, (1999), Notre empreinte écologique, Edition Ecososciété
- Bourg D., Rayssac G.L., (2006), Le développement durable : maintenant ou jamais, Edition Gallimard.
- Fondation Abbé Pierre, Rapport annuel 2007 sur l’état du mal-logement en France.
- Patrick Viveret, (2004), Reconsidérer la richesse, Editions de l’Aube.
- MEDD, (2004), Indicateurs nationaux du développement durable : lesquels retenir ?, la documentation française.
- Programme mondial pour l’évaluation des ressources en eau, l’eau pour les hommes, l’eau pour la vie, rapport mondial sur la mise en valeur des ressources en eau, Edition UNESCO in http://unesdoc.unesco.org/images/0012/001295/129556f.pdf
- Nathalie Durand l’utilisation de l’eau à des fins sportives : quelle légitimité ? à paraître Les entretiens de l’Insep
- R. PASSET, L’économique et le vivant, 2ème édition, Economica, 1996.
- Fritjof CAPRA, la toile de la vie, Une nouvelle interprétation scientifique des systèmes vivants, Editions du Rocher, 2003
- Francine Pellaud, 2000 : L’utilisation des conceptions du public lors de la diffusion d’un concept complexe, celui de développement durable. Thèse n° FPE 287, Faculté de Psychologie et des Sciences de l’Éducation de l’Université de Genève.
- Kaplan R. & Norton D., 1992 : Le tableau de bord prospectif. Edition organisation.
- Nathalie Durand, 2007 : Un esprit sain dans un corps sain dans un territoire sain. In www.diagnostic.osdd.fr
- Nathalie Durand, décembre 2007 : Contribution à la mise en place du dispositif de l’Education au Développement Durable dans l’Education Physique et Sportive (EPS). « Un sport sain dans un corps sain dans un territoire sain : L’EPS au 21e siècle ! ».
- Nathalie Durand, janvier 2008 : Contribution complémentaire pour la mise en place du dispositif EDD : « Un sport sain dans un corps sain dans un territoire sain : L’EPS au 21e siècle ! Reconsidérer l’usage du sport par rapport aux enjeux planétaires ! ».
- Pour les travaux de l’auteur, www.sport-durable.com (rubrique mon CV)

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