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samedi 18 novembre 2006
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Le sport pour mieux vivre avec la maladie

Auteurs

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Le sport pour mieux vivre avec la maladie
Dossier : Sport
Stéphanie Raymond
Présentation
Le Groupe de recherche en intervention en éducation physique et sportive adaptative de la Faculté d’éducation physique et sportive développe des méthodes pour permettre aux personnes avec limitations motrices de faire du sport. Les résultats sont spectaculaires selon l’un des fondateurs du groupe, Jacques Vanden-Abeele, qui consacre sa retraite… à la recherche et à l’intervention.

Texte
Il y a 10 ans que Jacques Vanden-Abeele, professeur à la Faculté d’éducation physique et sportive pendant 35 ans, a pris sa retraite « officiellement ». Pourtant, on le voit encore sillonner les corridors de l’Université et du Centre sportif. Ce chercheur dans l’âme continue plus que jamais à contribuer à la révolution du domaine de l’intervention en éducation physique et sportive auprès de personnes avec des limitations motrices. « Ce qui m’intéresse, ce n’est pas la jambe amputée de la personne ; c’est ce qu’elle peut faire avec tout son corps, explique-t-il. Notre but premier est son développement et son identité corporelle, sa joie de vivre même, et c’est pour cela que nous obtenons des résultats inégalés. »

La retraite plage et tequila, très peu pour cet homme qui compte plus de 200 publications, parle cinq langues et a donné des cours dans quatre facultés de l’UdeS. « La retraite me donne le temps de m’investir dans le Groupe de recherche en intervention en éducation physique et sportive adaptative de la Faculté d’éducation physique et sportive (GRIEPSA), explique le professeur d’origine belge. Et je n’ai pas envie de m’arrêter alors que le groupe est au sommet du monde en matière d’éducation physique et sportive adaptative ! » Ce travail, il le fait sur une base entièrement volontaire, nourri seulement par sa passion du savoir et de mettre ce savoir au service de la communauté.

Des découvertes révolutionnaires

Le GRIEPSA a été mis sur pied en 2002, mais il y a 45 ans que Jacques Vanden-Abeele étudie la motricité de personnes avec limitations. En 1970, il fonde le laboratoire de motricité humaine. « Le premier projet-pilote a commencé avec des enfants présentant des pathologies non dégénératives en 1981, explique-t-il. Nos homologues de la Faculté de médecine ont été très impressionnés par nos résultats, et nous avons continué avec des adultes. »

L’épouse du professeur ayant reçu un diagnostic de sclérose en plaques, celui-ci décide en 1992 d’étudier la motricité des personnes avec cette maladie. Il implante ensuite des programmes d’entraînement qui permettent d’améliorer leurs aptitudes. Les effets s’avèrent révolutionnaires : « Nous avons été les premiers au monde à inverser la courbe des performances motrices des personnes avec sclérose en plaques, cette maladie étant généralement associée à une détérioration irrémédiable de la motricité », affirme Jacques Vanden-Abeele. Suite à ces résultats, des programmes similaires ont été mis sur pied à travers le Québec. De plus, de nombreux spécialistes et étudiants de pays européens viennent à l’UdeS pour prendre connaissance de l’approche sherbrookoise, tels que Jens Olesen, physiothérapeute au Centre national de la sclérose en plaques du Danemark à Ry, en visite du 5 au 10 juin.

Une approche originale

Mais quelle est donc le secret ? « Au lieu de faire répéter au client des mouvements abstraits qu’il abandonnera au bout de deux semaines, nous lui proposons des actions motrices empruntées au sport ou à la danse, ce qui améliore le taux de persévérance et l’efficacité, explique le chercheur. Le mot adaptative réfère au fait que nos activités suscitent des « adaptations » fonctionnelles chez la personne, adaptations qui résultent en une amélioration des compétences motrices, physiques, psychologiques et sociales. »

Autre approche gagnante : « Nous ne prenons pas en charge les personnes ; nous leur donnons les outils nécessaires pour qu’elles se prennent elles-mêmes en charge, poursuit-il. Nous traitons nos participants comme des personnes présentant des limitations motrices, non comme des malades, même si nous n’ignorons pas la maladie. Un de nos clients m’a dit un jour : « En physiothérapie, je me sens malade. Avec vous, je me sens athlète. » Cela a un effet psychologique très positif. Nous avons donc amené l’idéologie sportive dans le monde de la santé. Et c’est cela la révolution.

« De plus, les programmes impliquent l’intégration sociale des personnes, puisque les activités se déroulent le plus souvent dans les mêmes endroits que monsieur et madame tout le monde. Cela rejoint les objectifs de l’Organisation mondiale de la santé, qui sont l’autonomie et la participation sociale de la personne. »

Ainsi, le GRIEPSA a progressivement ajouté d’autres programmes tels que l’entraînement de base et en circuit, une école de marche, une école du fauteuil roulant ainsi que des ateliers de danse et de sport. Le GRIEPSA comprend également trois autres volets : les programmes d’entraînement pour les athlètes en fauteuil roulant, le programme d’éducation physique pour de jeunes adultes avec déficience intellectuelle sévère ou profonde, et un quatrième programme pour les personnes âgées qui sera éventuellement mis sur pied.

Les membres du GRIEPSA célébreront en septembre leur 25e anniversaire de services à la collectivité. Pour plus de renseignements sur le groupe et les services qu’il offre, communiquez avec Carole Cloutier à Carole.Cloutier@USherbrooke.ca ou au 819 821-7722.

Source
Stéphanie Raymond, "Le sport pour mieux vivre avec la maladie", Liaison (Université de Sherbrooke), vol. 40, no 19, 15 juin 2006.

Voir en ligne : spip.php?site0

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